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Elle pas princesse, lui pas héros, est un spectacle qui traite des questions de genres. Il s'est joué au collège Mandela et dans des écoles élémentaires de la Ville. Retour sur ce temps fort attendu par les élèves.

Il aura fallu redoubler d’imagination et d’inventivité pour que le spectacle puisse avoir lieu, mais ça valait le coup !

Le Théâtre de Romette est venu poser ses valises à Pont de Claix, le temps de 3 représentations. Covid oblige, tout le monde a dû s’adapter et c’est grâce à l’ingéniosité et à la mobilisation de quatre théâtres de l’agglomération (l’Espace 600 de Grenoble, L'Odyssée/L'autre rive - EybensLa Rampe et La Ponatière d’Échirolles et l’Amphithéâtre de Pont de Claix) que le spectacle a pu être accueilli.  

Et de l’adaptation, il en a fallu ! Jonathan Heckel et Maïa Le Fourn, les comédiens, ont choisi, pour pouvoir jouer devant les enfants de s’équiper de masques inclusifs « pour que les enfants puissent quand même un peu lire sur nos lèvres et que la moitié de nos visages ne soit pas dissimulée », précise Maïa Le Fourn. 

 

Au cœur du collège Mandela

Et c’est parti pour la première pontoise ! Au coeur du collège Nelson Mandela, les 6e1 et les 6e3 attendent impatients le début du spectacle. Il faut dire que depuis quelques semaines déjà, ils travaillent sur le texte de la pièce Elle pas princesse, lui pas héros. Ce texte, c’est la compagnie Théâtre de Romette qui a proposé à Magali Mougel, dramaturge, de l’écrire. En 2017, lors du festival Odyssées en Yveline, il prend forme sur les planches pour la première fois, grâce à Johanny Bert, qui le met en scène. Le thème du spectacle : la question de l’identité filles / garçons. Vaste sujet ! En s’y penchant de plus près, ce sont tous les rapports sociaux qui sont décortiqués et mis à mal : l’image que la société impose de fait aux filles ou aux garçons, ce que les parents projètent, ce que les progénitures renvoient, l’école et ses cases bien hermétiques dans lesquelles il faut se glisser pour ne pas se retrouver cloué au pilori dans la cour de récréation. Bref, une radioscopie théâtrale de la société dans laquelle Leïli et Nils évoluent.

Leïly et Nils, ce sont les 2 héros de la pièce. Lui et Elle. Lui, c’est Nils, un garçon aux cheveux longs, à la grand-mère intrépide et au papa un peu perdu. Elle, c’est Leïli, une jeune fille qui aime les Kway et courir dans les bois, l’aventure et la survie en milieu hostile. Et puis un jour, c’est la rencontre, entre Elle et Lui. En CE2, dans la cour d’une école, dans la classe, avec Cédric le petit caïd et Chloé, la jolie princesse. Avec cette maîtresse-girafe un peu vieux-jeu, et les parents un peu dépassés. 

La pièce est en 2 parties, une partie pour Elle, et une partie pour Lui. On découvre ces deux enfants, tour à tour, leur univers et leurs peurs, leur vie et ce qui la construit. On s’imagine, on se souvient les rôles à jouer et les places à tenir selon que l’on est né garçon ou fille. 

 

L'engouement des adolescents

Et les adolescents pontois adhèrent, plus que ça même, ils en redemandent. La fin du spectacle, c’est le moment de l’échange, entre les élèves et les comédiens. Les questions fusent, dans les deux sens : est-ce que l’histoire est autobiographique ? Et vous, vous avez déjà été harcelé ? Pourquoi ne parle-t-on jamais du papa de Leïly ? Et Nils, il lui dessine quoi du coup à Leïli ? 

Les enfants connaissent l’histoire, ils s’y identifient et se projettent. La discussion est lancée : c’est quoi être une fille ? Pourquoi être un garçon suppose d’aimer jouer au foot ? Les adolescents deviennent loquaces, la discussion ne s’arrête plus, des confidences surgissent. « Ils ont complètement adhéré à la pièce, ils s’en sont emparés au-delà de ce qu’on pouvait imaginer », commente une professeur. La sonnerie retentit, il est temps de clore les débats. 

 

Une passerelle culturelle

C'est ensuite au tour des élèves de CM2 de l’école Jules Verne et des Îles de Mars d’enfin rencontrer Leïli et Nils. 

Ce spectacle avait été pensé comme une passerelle entre les grands de sixième et les plus petits de CM2, une façon de mettre un premier pied au collège, par une approche culturelle. De montrer que l’on partage les mêmes questionnements. Même si cela n’a pu se réaliser comme prévu, les enseignants réfléchissent à une manière de faire se croiser les interrogations des enfants, pourquoi pas avec une exposition des dessins des CM2 au collège. L’idée suit son cours, mais une chose est sûre, tout le monde redouble d’inventivité pour que la culture demeure la plus belle façon de communiquer. 

 

Publié le 11 mars 2021