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Lors de la 5e Biennale internationale d’art non objectif de Pont de Claix nous avons rencontré Denis Malbos. Ce sculpteur et scénographe polymorphe originaire du Vercors est venu exposer « Frontièritoire », une installation dont l’esthétique radicale souligne la charge symbolique.­

Parlez-nous de Frontièritoire

Il s’agit d’une installation de sacs de sciure sur lesquels j’ai disposé une plaque de béton cellulaire créant un pli sur chacun. J’évoque ici le mur qui interdit, qui coupe et qui exclue.
C’est une pièce contemporaine mais pas illustrative.

En quoi est-ce une oeuvre contemporaine ?

Parce-que ça parle de l’époque dans laquelle on vit ! Celle où un président tente d’ériger un mur entre les États-Unis et le Mexique, celle où nos sociétés individualistes ne cessent de poser des limites et de créer toujours plus d’exclusion.

Les limites et l’interdit sont des symboliques récurrentes dans vos œuvres.

Ce qui m’intéresse est ce qui se touche. Les idées, les matériaux, les gens. J’ai passé ma jeunesse à Villard de Lans dans une institution catholique pour filles dirigée par mes parents, avec l’interdiction formelle de toucher. De cette frustration liée à l’interdit est née ma volonté de créer.

Comment êtes vous devenu artiste ?

Je m’ennuyais beaucoup à l’école. Mais passionné d’art Roman et gothique, je voulais être architecte. Entre 1968 et 1969 j’ai fait les Beaux Arts de Montpellier, mais les exercices académiques m’ennuyaient. Je me suis alors beaucoup cherché dans différents métiers et différents pays. C’est depuis 1980 lors de l’installation de mon atelier aux usines Vicat, que je travaille comme sculpteur et expose lors de biennales, de symposiums ou dans des centres artistiques.

Comment travaillez-vous ?

Je me lasse assez rapidement donc je travaille par série. Une fois le dispositif exploré, je passe à autre chose. Je n’ai pas de matériaux privilégiés mais j’ai un véritable plaisir physique à travailler les matériaux. C’est retomber en enfance, je retrouve un travail archaïque et primaire.

Pourquoi exposer avec d’autres artistes, ici à Pont de Claix ?

J’apprécie d’exposer avec les autres, mais pas n’importe qui. La Biennale internationale d’art non objectif est intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord, ne me sentant pas appartenir à un courant artistique en particulier je loue cette qualité de Roland Orëpuk, le commissaire de l’exposition, d’ouvrir à de nombreuses pratiques et de faire évoluer cette exposition à d’autres apports esthétiques. Ensuite tous les artistes exposant ont un vrai travail de réflexion. Il y a des choses belles et poétiques à voir. Ça rappelle l’enfance, il y a des sensations, des jeux de constructions, de perceptions. On essaie de comprendre comment ils font.

Tout l’intérêt réside dans le fait que ce qui est là c’est ce que tu vois, c’est immédiat mais pas figé, ça ne raconte pas d’histoires !

5e Biennale d’art non objectif du 14 septembre au 16 novembre 2019 aux Moulins de Villancourt

Denis Malbos
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